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Culture du chanvre en France : une nouvelle opportunité à saisir

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Leader de la culture de chanvre en Europe, la France pourrait toutefois faire plus dans ce domaine.

Alors que la crise économique liée au covid-19 s’apprête à déferler sur la France, les regards se tournent vers de nouvelles opportunités. Des plans de relance sont préparés, mais un secteur pourrait être amené à bien mieux s’en sortir que d’autres : celui du chanvre et, pourquoi pas, du CBD. En effet, la culture du chanvre en France est relativement bien développée, le pays étant même le second plus gros producteur au monde ! Entre peurs et opportunités, le gouvernement semble toutefois tâtonner. Alors, la France pourrait-elle se tourner vers le chanvre et le CBD pour relancer son économie ? Une question à laquelle nous allons aujourd’hui, tenter de répondre.

La culture du chanvre en France, une longue et belle histoire

En France, la situation autour du chanvre et du CBD est plutôt paradoxale. En effet, si la consommation de cannabidiol et ses produits dérivés est restreinte et encadrée, le pays s’impose comme étant le second plus gros producteur au monde de chanvre, juste derrière la Chine. L’exécutif, dans un souci de justification met toutefois en avant, la distinction entre chanvre industriel et chanvre récréatif (cannabis). Or, il apparaît clair qu’en dehors de la teneur en THC des deux plantes, rien ne les différencie réellement.

Au XIXe siècle, le pays cultivait pas moins de 170.000 hectares de chanvre, le port de Marseille ayant même été l’un des principaux comptoirs d’échange de chanvre au monde. Cependant, la production ralentie et au XXe siècle, alors que le monde s’industrialise, le chanvre est mis de côté. On ne compte alors, que 8.000 hectares de production. En 2017 toutefois, on dénote un retour très clair de la culture du chanvre, avec près de 17.000 hectares de cultures de chanvre en France pour un peu plus de 25.000 hectares au total, en Europe. 

Où en sommes nous aujourd’hui ?

La culture du chanvre en France est directement sous tutelle de la loi européenne. Pour rappel, afin d’être cultivée, le plant de chanvre doit de contenir moins de 0.2% de THC, qui n’est autre que la substance psychoactive du cannabis. Le produit fini lui, doit contenir 0% de THC. Enfin, pour être cultivé, le chanvre doit appartenir à une variété autorisée par le gouvernement français.

Aujourd’hui, alors que notre PIB a chuté de plus de 10% suite à la crise du covid-19, il serait donc intéressant de se tourner vers de nouvelles opportunités. Avec plus de 1.500 emplois et d’innombrables possibilités de développement, le secteur du chanvre et plus particulièrement du CBD pourraient-ils offrir ce refuge tant recherché ? D’un point de vue économique, la réponse est oui. En effet, le marché français est encore trop bridé et n’exploite pas tout son potentiel, loin de là même. 

D’un point de vue social en revanche, la situation est différente. Si les dernières élections municipales ont démontré une percée verte et une envie écologique réelle, force est de constater que la France ne semble pas encore être totalement prête à faire place nette au chanvre et au CBD. Pourtant, de plus en plus de personnes se tournent vers le cannabidiol. La demande, au cours du confinement, a augmenté alors que certains sportifs professionnels optent pour des produits à base de CBD pour mieux se préparer à une compétition.

Pourtant, la culture du chanvre présente de nombreux intérêts.

Intérêts et limites d’une nouvelle stratégie agricole

intérêts de la plante de chanvre

Mais, pourquoi la France est-elle l’une des locomotives de la culture du chanvre, en Europe et dans le monde ? Les réponses sont économiques, écologiques et pratiques.

Économique tout d’abord, car le rendement de la tonne de chanvre est plutôt intéressant. Celle-ci se vend environ 900 euros, pour un rendement d’une tonne par hectare. Par comparaison, la tonne de blé se vend aux alentours des 180 euros.

Écologique ensuite, car le chanvre ne réclame que très peu d’attention. Aucun pesticide ni même d’engrais n’est mis sur son sol. Il se plante au mois de mai et se récole dès le mois de septembre. Le chanvre est alors récolté pour sa graine. La paille est ensuite fauchée. L’assolement se diversifie et le blé prend la suite, pour des rendements, là aussi, plus intéressants.

Enfin, d’un point de vue pratique, le chanvre est utile à tous les points de vue. Si sa graine est utilisée pour les animaux, elle peut également l’être pour la nourriture humaine. L’huile de chanvre est considérée comme étant riche en oméga 3 et 6. Ces graines peuvent également se retrouver en farine voire en huile de CBD. Pour conclure, la fibre de chanvre est utilisée dans l’industrie automobile, comme isolant ou encore dans la fabrication de billets de banque. Le bois intérieur lui, sert notamment pour l’horticulture et les litières pour animaux. Certains draps sont également en chanvre alors la poussière de la plante se recycle en compost.

Les limites à la culture du chanvre en France

Malheureusement, si le chanvre semble présenter d’innombrables opportunités, rentables, les pouvoirs publics ne sont pas prêts à sauter le pas et à passer la vitesse supérieure. Locomotive européenne de la culture de chanvre, la France pourrait faire beaucoup plus. Toutefois, les limitations entourant le CBD et le chanvre sont trop importantes pour que les agriculteurs aient une liberté totale de mouvement.

Le système, encore trop ancré dans nos anciennes valeurs, semble également être frileux. Les politiques favorables à l’ouverture du pays au CBD et donc, à une culture du chanvre plus intensive, se comptent sur les doigts d’une main. Jouissant encore d’une mauvaise image, le chanvre et le CBD sont des produits considérés dans l’imaginaire collectif, comme étant de vraies drogues. 

Or, l’intérêt économique et social est réel. Selon plusieurs dizaines d’élus qui ont récemment signé un appel, l’ouverture au CBD et à une culture plus intensive du chanvre, pourrait permettre de créer jusqu’à 80.000 emplois et générer, dans les caisses de l’État, pas moins de 2 à 3 milliards d’euros, chaque année. De même, l’intérêt sécuritaire est mis en avant. En ouvrant les vannes, la France pourrait empêcher les revendeurs de faire vivre ce marché noir. En outre, les produits à base de cannabis pourraient être mieux contrôlés. La qualité de ces derniers serait notamment définie par de vraies normes.

Conclusion

La culture du chanvre en France, est une affaire de siècles. Leader du marché depuis des années, le pays pourrait toutefois faire plus. Or, les législation concernant le CBD et le chanvre en général, sont trop restrictives. La crise du covid-19 peut-elle tout relancer ? De nombreuses personnes plaident en ce sens. Un appel a d’ailleurs été lancé par des élus de tous bords. Dans l’idée, ils réclament tous du gouvernement, qu’il étudie le sujet. Emplois, économie, virage social et écologique, parier sur une nouvelle stratégie agricole peut-il être une bonne idée ? Aujourd’hui, il semblerait que oui. Reste à savoir si les pouvoirs publics sont prêts à opter pour une nouvelle stratégie.

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